Droit, histoire et politique en 1900.
Sur quelques implications politiques de la méthode
du droit constitutionnel à la fin du XIXème siècle
Guillaume SACRISTE
Résumé :
Cet article vise à restituer les conditions sociales de possibilité d'une controverse portant sur la méthode du droit constitutionnel de la fin du XIXème siècle. Les mobilisations multiples au principe de l'Affaire Dreyfus formaient une configuration sociale particulièrement propice à la proposition de modification de la constitution d'Émile de Marcère, l'un des rédacteurs des lois constitutionnelles de la IIIème République. Cette proposition fut le prétexte pour Deslandres, jeune professeur de droit constitutionnel de faire valoir son savoir en matière d'institutions politiques, en prônant l'adoption de la méthode historique critique en droit constitutionnel. Si cette prise de position respectait les problématiques et la mise en forme propres à la science juridique de la fin du siècle, elle était également un coup joué dans le conflit qui opposait au sein du champ juridique les tenants du pouvoir républicain Adhémar Esmein et Ferdinand Larnaude aux réformistes traditionalistes, Gény, Saleilles et Deslandres lui-même. Le point de vue exprimé par ce dernier sur la méthode du droit constitutionnel était donc l'expression de la sublimation dans le champ juridique d'une vision du monde politiquement située.
Mots-clés : Deslandres Marcère droit constitutionnel méthode historique critique faculté de droit catholicisme social.